Les Filles ne savent pas nager

When I was yesterday

Lundi 7 Août 2006 à 23h05


Nous avions passé toute la journée, ou presque, entre filles. Juste Helen, Carla et moi. Je commençais à m'emmerder grave. Vers 15h, Carla proposa de sortir. Une promenade. Histoire de prendre un peu l'air. Helen était depuis des heures scotchée sur GTA Vice city. Au volant d'une Cuban Hermes, elle avait maintenant pour mission de récupérer une certaine Candy Suxx dans Little Havana. Pour elle donc, c'était impossible de bouger. No way.

A l'exception de ces instants d'hyper concentration, Helen était une fille super sympa. Un peu space et super sympa. Elle avait des cheveux roux et très frisés qu'elle n'attachait presque jamais. Elle se contentait d'y tracer une courte raie, juste au milieu. Ca lui donnait à plein temps un air complètement déluré, et dans les moments de grandes envolées lyriques, celui d'avoir des flammes sur la tête.
Elle avait de jolies taches de rousseur sur les pommettes.
Et elle prenait un certain plaisir à s'exprimer dans un anglais relaché et hyper nasillard peuplé de gonna, gotta et de wanna. Elle ne disait pas you ni your mais ya. Elle ne disait pas yeah! mais fuck yeah!. Je crois que c'est parce qu'elle trouvait ça... heum ... cool. Peut être.

-"Should we take the car?" me demanda Carla.
J'ai répondu oui un peu au hasard. Ou peut être etait ce l'envie d'aller très loin. On s'est donc embarqué dans sa voiture, une Eagle Premier de 1992, avec Mercury le labrador de Thomas. Et on a roulé pendant peut être un quart d'heure.
Le soleil ne tapait plus très fort. Ca sentait bon la fin de l'été.
Carla portait de petites bottes noires, une robe avec fleurs et un cardigan couleur macarat qu'elle avait attaché par-dessus. Elle portait ses grandes lunettes dont la monture noire et carrée me rappelait celle de Zia McCabe des Dandy Warhols. Je la trouvais cool, malgré son air un peu paumé.
Et puis Carla a arrêté la voiture près d'un champs de tournesols. On est descendu et on s'y est promené. Un peu. C'était vraiment beau. Mercury n'arrêtait pas de bondir comme un fou et de courir partout sans que Carla et moi, n'eûmes a aucun instant peur de le perdre. C'était très reposant. On a parlé de J***, la petite amie de Carla qui avait déménagé mais qu'elle pouvait voir plus souvent depuis qu'elle avait son permis et sa voiture . C'était un sujet de conversation assez réurrent. C'était J*** ou le roleplaying. Je n'aimais pas beaucoup le roleplaying. Avoir des informations précises, que l'on impose les caractérisques des personnages que je devais faire vivre me déroutait souvent. Il me fallait que les personnages puissent être inspirés de moi, de ceux que j'ai connu ou que je côtoie encore. Il me fallait une base connue. Une accroche, même infime.
Je n'aimais donc pas le roleplaying. Mais je n'osais jamais le dire à Carla. Pus tard, elle le compris toute seule. Je crois.
Le vent se levait.
Carla et moi prîmes la décision de rentrer.

D'un coup, l'après-midi s'était fait brumeux. Les garçons étaient revenus de la plage. J'allai les rejoindre au salon. Ju*** dormait sur le canapé. Thomas se trouvait, assis, devant la chaîne hifi, en train de trier des Cds. Il m'expliqua que Ju*** avait refusé de mettre un pied dans l'eau. Qu'il était resté sur le sable avec un type, un autre surfeur, à fumer de l'herbe.

Ju*** avait l'air gelé. Ses lèvres étaient violettes et il était très pale. Je crois que c'est à cet instant que je me suis rendue compte que c'était peut être lui le plus flippé d'entre nous.

Flippé. Encore. Toujours. Rien n'avait changé.
Je me suis sentie mal. De ne rien comprendre.
Ce qui était en train de le ronger de l'intérieur m'échappait totalement. Je pouvais voir qu'il allait mal, mais je ne savais pas pourquoi.


The devil may care (Mom and dad don't) chantaient les Brian Jonestown Massacre.
Je crois bien.


Marya