David Bowie I love you (since I was six)
Mardi 25 Septembre 2007 à 23h17
Le week-end dernier avec J. on a fait un gâteau au chocolat et à la noix de coco. Enfin c'est surtout lui qui l'a fait. Du moins, il a essayé. Tout le temps de la préparation, je suis restée assise au bar à boire de la San Pellegrino dans un verre à vin et à raconter absolument tout ce qui me passait par la tête. J'insiste, ça n'était rien d'autre que du babillage, une suite de mots au hasard, les phrases n'ayant parfois aucun lien entre elles.
Une conversation délirante qu'il a pourant eu la politesse de soutenir et même de relancer. Même si quelques fois il a eu un peu de mal.
N'empêche, on s'est bien marré.
Tout de même, ce qui s'est averé vraiment, vraiment drôle c'est quand quelques secondes après avoir versé la pâte, égalisant la surface avec le dos de sa spatule, la contemplant fièrement, J. s'est rendu compte qu'il avait oublié de mettre la farine.
Il est resté muet un instant. Puis d'un air hébêté et malheureux, il m' avoué: "Putain j'ai oublié d'mettre de la farine". J'avoue c'est moche, mais dès lors que ces mots lui sont sortis de la bouche, je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire. Bon en fait, je n'ai même pas essayé de me contenir.
Je précise qu'il a alors essayé d'ajouter la farine. À même le moule.
J'ai dû l'en empêcher en essayant d'attraper le paquet de farine de ses mains. Sachant qu'il mesure près de 15cm de plus que moi et que toute la durée de la mini-bataille il n'a cessé de hurler, c'était chaud.
Finalement on a mis le gâteau, comme ça, dans le four. À un moment, ça a fait des bulles. C'était trop space. Puis la pâte s'est figée, et on a obtenu une espèce de truc étrange qui ressemblait vaguement à un flan, qui en avait la consistance mais absolument pas le goût.
Bon sang.... Ce que j'aurais voulu le prendre dans mes bras, et que tout soit effacé. Pourtant je ne suis pas amoureuse de lui. Je ne pourrais plus jamais l'être. C'est comme si une partie de mon coeur avait gelé, emprisonnant ainsi cet amour que j'ai nourris pour lui pendant trois ans de pure folie, interdisant toute possibilité à un quelconque autre de s'y installer. De s'y épanouir.
Que reste-t-il de nous? Plus que ces jeux futiles de gamins stupides que nous ne sommes pas, ces tickets de cinéma froissés, à l'encre presque effacée et qui trainent dans un coin, ce bout de muscle bleuté au creux de ma poitrine, chansons désormais trop douloureuses à écouter, cadavre de souvenirs. Cadavre de nous.
Parfois je ne peux faire autrement que de lui offrir de tristes sourires.
Il s'en va dans deux semaines.
Dans deux semaines, tout ira mieux.
Marya
