Les Filles ne savent pas nager

Au garçon à lunettes

Dimanche 30 Septembre 2007 à 2h04


Charlie ne s'appelle pas vraiment Charlie. Mais ça n'a pas grande importance puisque depuis qu'il est partit tout me semble un peu confus. Je ne sais pas qui, de lui ou de moi, a abandonné l'autre.
Peut être faudrait il que j'arrête simplement d'y penser. Les questions ont-elles pour autre but que celui de nous torturer?
Et puis ce n'est pas comme si j'en avais eu le souffle coupé, que j'avais fondu en larmes sans pouvoir m'arrêter, et lui aussi. Pour que ce soit moins douloureux, ou pour justifier la peine sensée nous envahir à cet instant, Charlie et moi avons passé les trois semaines précédant son départ collés l'un à l'autre, tels des sangsues.

Charlie est mon meilleur ami. L'unique à vrai dire. Puisque le seul n'ayant jamais dissimulé, sous le masque de l'amitié, ni amour physique brûlant, ni phantasmes pervers.
Sans lui mes années de lycée n'auraient été rien d'autres que trois années d'errance, de frustation, d'intenses moments de désespoir. Château de cartes qu'on essayerait de construire en pleine tempête.
Son instance d'abord, puis son cynisme et son immoralisme m'ont évité une terrible solitude. Au milieu des autres.

Au détour d'une phrase hasardeuse, j'ai avoué à Charlie, bien malgré moi, que j'étais amoureuse de **. Il a eu un sourire jusqu'aux oreilles. Et tandis que j'essayais, tant bien que mal, de réparer mon erreur, cet instant d'égarement, il s'écriait par dessus mes bafouillements, que c'était trop tard, pas la peine de tenter de me rattraper, que j'étais amoureuse, que je l'avais dit, que c'était génial et qu'il fallait qu'on en discute.
C'est vrai que malgré ces longues années d'amitié, il sait très peu de choses de moi. "C'est parce qu'il n'y a rien à dire" je lui ai à plusieurs reprises assuré.
C'est vrai après tout.

Charlie était mort de rire au portrait que je lui ai fait de **, aka le type au regard de glace. Il n'a pas eu cette réaction d'effroi, ni même de dégout total que les autres ont tous manifesté avant lui.
Il pense que je devrais me le faire. Qu'il n'y a certes aucun doute sur le fait que c'est un vrai connard égocentrique et hyper prétentieux parce que blindé de thunes, mais puisque je suis amoureuse de lui....

En fait, à la fin, il a suggéré que je devrais me lancer. Ne pas entamer une relation juste basée sur le cul. Que j'en valais vraiment le coup. Et que je pouvais très bien le mater. *sourire*

Moi aussi, c'est ce que je croyais. Ou j'en suis encore persuadée. Je ne sais pas encore. La partie n'est pas finie.


Marya