Est-ce que je poserais mes yeux sur ce corps de petite fille..?
Est-ce que je remarquerais la douleur, la tristesse, derrières tes silences, derrières tes sourires?
Est-ce je voudrais être celui qui ne te fera plus souffrir?
Je crois que j'essaierais de t'aimer, en tout cas. Follement. Avec passion.
Je t'emmènerais chaque jour autre part pour t'arracher à tout ça.
On s'assiérait là, face au soleil qui se couche, et je t'offrirais mes genoux pour que tu y poses ta tête.
Je te lirais les poèmes de mon pays, te parlerais de là bas.
J'essaierais de te décrire les odeurs, les parfums. Les gens qui s'agittent, et la chaleur au dessus, toujours, écrasante.
Je te dirais qu'un jour, on ira.
Et puis je te couvrirais de baisers. Je t'enlasserais de mes bras. J'essayerais tout, pour juste entendre ton rire et me dire, que je te suis utile, à cette place là.
Te surprendre, t'étonner. Te montrer que tout n'est pas écrit. Destiné, condamné.
Redonner de sa valeur à l'inconnu, l'imprévisible.
Des voyages, et des lectures pour s'échapper de tout ce noir.
Je crois que je ne comprendrais pas pourquoi tu sembles encore si triste. Je t'en voudrais de ne pas parvenir à te rendre heureuse. Je crois que je baisserais les bras sans soupconner que pourtant tu m'appartiens, que tu m'aimes déjà si fort.
Tu resterais cette énigme. Cet échec de ma vie. Le signe visible de mon incapacité à combler quelqu'un.
Si j'étais toi.. mais ce conditionnel n'existe pas.
Tu me regardes et tu ne vois rien que ces cheveux blonds qui se taisent. Ces seins qui s'offrent un peu trop vite, et sûrement la bétise qui se cache derrière mes silences.
Et tu joues. Et tu me tues.
Varana