Les Filles ne savent pas nager

Si j'étais une fille...

Vendredi 8 Février 2008 à 23h23


… j’aurais été de celles qui disent tout le temps « oui », de peur qu’on leur réponde « non ».

Timide, introvertie offrant pour ne pas être oubliée : monnayage de la mémoire pour quelques moments d’amitié. Des lèvres sur ma joue, des bras autour de mon cou, un corps à étreindre, une main à tenir, des sentiments pour me retenir. Et le respect?

Un peu moins de poils ici, un peu plus de cheveux là. Tenue correcte et langage chatié. J’aurais aimé être de celles dont on rêve et non avec qui il vit. Pas une fleur dans un pot, pas plus carnivore, qu’orchidée. Que seul le jardinier connaisse ma splendeur m’importerait peu. De mémoire de rose, il n'y a qu'un jardinier au monde. Mais de mémoire de jardinier, combien de roses heureuses ?

Il parait qu’une fille ça ne pète pas, pas même ne transpire, ni ne ronfle et encore moins ne pue. Me connaissant, j’aurais été un bien piètre exemple de ces adages. Une fille, ce n’est donc pas simplement moi avec des cheveux longs.

Assumer ce rôle de double vie : femme active et femme d’intérieur, est-ce plus enviable que le mensonge de « l’homme fort et protecteur » ?

Mais moi, qui demande ma route, moi qui pleure comme une fontaine, écoute plus qu’il ne dit, ne suis-je pas aussi féminin ?

Si j’avais été une fille je n’aurais pas refait le monde, j’aurais exigé qu’il change pour moi, mais je suis un homme, alors j’attendrai qu’il change avec moi, ensemble, une bière à la main.

Si j’étais une fille, ce texte aurait commencé par « Si j’étais un garçon … » et ce serait terminé sur ces quelques mots : La vie n’a pas de sexe … comme beaucoup trop de choses.

B.