Les Filles ne savent pas nager

Journal d'un oiseau de nuit. Frottements sur peaux moites

Vendredi 11 Avril 2008 à 22h07



Le soleil. Gros jaune d'œuf cru se couche en tremblotant. Et j'observe. Avec lui les peaux déjà mortes de la journée. Le garçon au sourire d'ange boude. Déçu et peiné. À cause de l'autre soir et du garçon de papier. Comme si c'était une raison... N'importe quoi. Il a soupiré que j'aurais pu, que j'aurais dû lui dire.
Soit. Moi je veux bien dire. Quelque chose, de signifiant, qui a de l'importance, des causes et des conséquences. Je ne peux pas faire l'aveu du rien. Et cette relation n'est rien. D'autre que. Surface. Frottements corporels. Frottements sur peaux moites. Le non-chemin parcouru est un tour de manège sans manège, je tourne sur moi-même.
Ma vie, un courant d'air.

Les verres se cognent parfois par accident, et on n'en fait pas toute une histoire.
Ce n'est pas lui mais moi, qui me fissure. Un peu. Beaucoup.

En fait, je trouve absurde et toujours surprenante cette faculté qu'ont les autres à ressentir à notre place. Ces émotions, trop honteuses, trop douloureuses, qu'on se force à ignorer.
Elles sont enfouies sous des couches de fausse indifférence et de fatalité à demi-assumée.


Marya