Les Filles ne savent pas nager

Contact

Vendredi 2 Mai 2008 à 0h30



Les ombres sont difformes. Ton index touche puis s'enfonce dans ma peau, espérant buter contre un quelconque organe interne, ou un os peut être, jusqu'à ce que ma peau se tende à l'extrême.

Je. Te. Touche.

Tes doigts sont ronds et transparents, et ils ont toujours cette odeur de nicotine froide et de menthe qui ne me dégoute même pas. Ils mènent à tes bras, tes épaules. Tes soupirs. Ta peau lisse, parsemées d'adorables grains de beauté, glisse sous mes mains et ma langue.

Il se trouve que tu adores tes amis et que parmi eux il y a toujours une pétasse pour se ramener avec des talons hauts ou un demeuré avec des chaussures crades, sur mon parquet. Mais "ça n'est pas grave". Nous sortons rapidement. Les trottoirs accueillent nos pas sans destination précise. Nos fous rires se mèlent à ceux des autres. La musique est trop forte. Il y a trop d'alcool et comme je m'ennuie je bois. Je tord de petits mouchoirs en papier et les passe entre mes doigts. Puis je m'ennuie alors je bois. Trop.

Même s'il me suffit de te regarder pour m'enivrer de toi, je regrette nos soirées à nous. Celles qui s'éteignent sous le piano de Duke Ellington, ou la voix d'Erykah Badu. J'ai besoin de te toucher. Et je ne peux pas le faire ici dans cet espèce de club, chaos chronique de sons, de parfums, d'ombres.

Les ombres sont difformes. Venues de nulle part. Autour de nous, je crois voir les gens me pointant du doigt, le visage déformé par le rire. Ils se moquent de moi. Naïve de croire en toi et moi,

Mais c'est une impression variable, tout comme le volume de leurs rires dans ma tête. J'essaye alors de couvrir le silence, de noyer les voix en me racontant des histoires, j'attend que ça passe alors

Touche. Moi.


Marya